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mercredi 3 décembre 2014

Top 2014 Tracks (30->21)

Mangez du muesli c'est bon pour la santé. Poursuivons. 


#30 Azealia Banks - JFK

(Très) attendu depuis des années, le premier album d'Azealia Banks tient ses promesses : une mosaïque disparate assez sincère. JFK, sur lequel l'accompagne Theophilus Londonévoque "une certaine pop star qui aime voler mes idées et se les approprie", selon la princesse rap. Sa tendance à dézinguer tout ce qui brille étant connue et raillée (Eminem, Disclosure, Gaga), on devrait tout se sentir visés par le missile ici lancé. 


#29 Deejay Deer - Natural

Difficile de savoir qui se cache derrière l'énigmatique Deejay Deer, signé sur l'excellent label Numbers. Plus aisé en revanche de se laisser happer par cette imparable et classy house. Samples, beats, boucles : la recette est connue mais fonctionne à plein pot.


#28 Todd Terje - Johnny & Mary

It's Album Time, premier album du Norvégien, s'apparente à une compilation disco poussive et médiocre (à mille lieues de ses remixes électro du turfu). Mais cette balade, reprise de Robert Palmer, est une petite merveille romantico-seventies, portée par la voix suave de Bryan Ferry. It was about time


#27 The Antlers - Doppelgänger 

Enième groupe indie made in Brooklyn, The Antlers a sa valeur ajoutée : une propension à créer des titres profonds, lumineux, qui rappellent tout et ne ressemblent à personne. Sur sept minutes, le rythme lancinant et la vocale de Peter Silberman font mouche. 


#26 My Brightest Diamond - I Am Not The Bad Guy

Inconnue de moi jusqu'à cette année, Shara Worden livre un quatrième album très réussi, à l'image de cette pépite, tendre et inquiétante, aux guitares et au flow impeccables. Le geste est limpide et My Brightest Diamond signe une démonstration de classe et de modestie dont pourrait s'inspirer St. Vincent. 


#25 Metronomy - Monstrous

Que dire de neuf sur Metromomy ? Pas grand chose. Le quatuor, constant dans l'excellence, se renouvelle une fois de plus sur Love Letters, voué à durer. Difficile donc d'en tirer un titre meilleur qu'un autre, mais ce Monstrous et ses accords en mineur, témoignent d'une inflexible efficacité dans la recherche de la pop song parfaite. 


#24 Timber Timbre - Beat The Drum Slowly

C'est Beat The Drum Slowly mais ça aurait tout aussi bien pu être Curtains!? ou This Low Commotion. Hot Dreams, disque immense, regorge de perles sans les enfiler. Les Timber Timbre sont peut-être les tout derniers défenseurs de l'album en tant que concept cohésif et destructeur. 


#23 Baxter Dury - Whispered

Le dandy anglais est mon petit chaton de l'année. Suivant les traces de Happy Soup, It's A Pleasure esquisse avec délicatesse les contours d'une pop toujours plus tendre et cotonneuse. Whispered vient casser le gimmick avec une rythmique dynamique, rock et discoïde à la fois. Les années 1970 ont encore de beaux jours devant elles. Anarockisme !


#22 Kishi Bashi - Carry On Phenomenon 

Véritable révélation de l'année, l'Américain Kaoru Ishibashi, membre fondateur de Jupiter One, armé d'un violon indomptable et d'une énergie assez folle, assume sa gémellité artistique avec Owen Pallett. Carry On Phenomenon est une merveille de pop pressée, naïve et dansante. Le mec a 39 ans mais en paraît 18. Foudroyant. 


#21 Wild Beasts - Wanderlust

En ouverture de Present Tense, dernier album de la bande britannique, Wanderlust fait l'effet d'une bombe. Choeurs échoïques + voix élégiaque + nappes synthétiques = meilleur titre indie pop de 2014. 


samedi 5 juillet 2014

Playlist défaite en (20)1/4 : Singles (2/2)

Petite mais efficace playlist des meilleurs titres de ce premier trimestre 2014, qui n'est pas inoubliable en termes de pépites songs qu'on fredonnera encore dans 20 ans. Pour rappel, le Instant Crush de Daft Punk feat. Julian Casablancas a balayé toute la concurrence en 2013, étant mon titre de l'année. Pas un seul morceau de cette année supplémentaire avant la mort ne lui arrive à la cheville. Mais ces dix-là sont chouettes quand même : 

# 10 St. Vincent - Huey Newton

Malgré un album un poil décevant, Annie Clark prouve qu'elle n'a pas sa pareille pour mettre sur pied des compositions complexes, futuresques et malgré tout touchantes. En avance sur beaucoup de monde, cette fille-là.


#9 Bombay Bicycle Club - Feel

LE tube de l'été. Rythmique imparable, joie de vivre dans le sang et bonheur absolu pour les oreilles. Une incroyable constance chez les BBC qui signent un album remarquable taillé pour l'été (mais vous pouvez l'écouter en hiver, aussi).


#8 The Antlers - Doppelganger

Après un album tout à fait dispensable, les Brooklyniens reviennent en force avec un album frappé par la grâce. Emotionnel de bout en bout, vous allez pleurer en mangeant une glace à la pistache sur le parvis d'une Eglise déshéritée. Et vous allez vous sentir bien. 


#7 Sisyphus - Take Me

L'album difficile d'accès, enfante un titre tout à fait sublime, touchant et simple. Servi par un clip magnifique (que je n'ai pu retrouver), Take Me met en évidence le talent inhumain de Sufjan Stevens, dont je ne vous ai jamais parlé je crois bien. Le message est passé.


#6 Todd Terje - Johnny And Mary

D'un romantisme à toute épreuve, italien bien plus que norvégien, cette reprise est diablement réussie, portée par le chant vérécondieux de Bryan Ferry. Suffisant pour sauver un album du chaos du dispensable. 


#5 Lana del Rey - West Coast

On entre dans le très très lourd. Le cas Del Rey a été réglé et traité ici-même, nul besoin d'y revenir. West Coast, morceau sensuel et désengagé, sidère par son évidence et l'impudeur de Lana. Meilleur titre de la belle depuis Video Games


#4 Kishi Bashi - Carry On Phenomenon

Kishi Bashi, encore bloqué au rang des confidences, devrait décoller dans quelques années pour accéder au statut de meilleur artiste de sa génération. Cousin éloigné d'Owen Pallett, le phénomène offre un titre incroyable et diablement efficace. Si le chant était irréprochable, ce seraient déjà les 4'04 de l'année. 


#3 Sia - Chandelier

Difficile d'évoquer le cas Sia sans penser à son Breathe Me exceptionnel, au générique de la série Six Feet Under. Si l'intro de Chandelier pompe en toute tranquillité le Diamonds de Rihanna - qui avait déjà pompé tout le monde avant donc ça va -, cet énorme tube en puissance réconcilie les fans de l'indie avec les mélodies des divas les plus putassières. Sia est à des années-lumière de la concurrence, Beyoncé non incluse.  


#2 Owen Pallett - Infernal Fantasy

Voilà le seul classement de l'année où Owen Pallett ne glanera pas l'or. Si on voit mal qui pourrait venir l'inquiéter au titre de l'album de 2014, cet Infernal Fantasy offre un bel aperçu du talent incroyable qui touche le membre d'Arcade Fire. Dommage que Pallett soit le genre de mec à fingerfucker son public en plein concert. N'est pas Ryan Lott qui veut. Mais quand même, c'est le titre le plus grandiose que vous allez entendre en 14. 


And the winner is...

#1 Daft Punk feat. Jay-Z - Computerized

Contre toute attente, après un Random Access Memories qui n'a pas fait l'unanimité - c'est peu de le dire - les Frenchies accompagnés de Mr Carter sortent à la surprise générale ce titre sur l'internet mondial. Claque cataclysmique, le morceau est pourtant étrangement passé à moitié inaperçu. En clair, c'est le seul titre de Daft Punk sorti des sessions RAM qui esquisse une voie de la musique à venir dans les prochaines années, tandis que l'album se complaisait dans un passé janséniste tout à fait éreintant. Immense chapeau les gars, Computerized rappelle les plus belles de Homework. C'était pas gagné.