mardi 16 décembre 2014

Top 2014 Albums (20 -> 11)


On est passé près des catastrophes : celles de l'indifférence et de l'insuffisance. Le long et besogneux premier semestre 2014 a été un carnage, tant il préfigurait une année de disette. 

Bander mou. Un top 3, pas plus. Beaucoup de grosses pointures ont déçu un peu (St. Vincent, Thom Yorke), beaucoup (Sharon Van Etten, Todd Terje) et atrocement (Sébastien TellierBlonde Redhead...). Obligé donc d'aller voir ailleurs (du côté du hip hop, du rap ou du punk rock) pour trouver de quoi se sustenter - et passer l'hiver. 
Pêle-mêle, on a assisté à la descente aux enfers de Lana del Rey, qui n'a pas su nourrir l'espoir permis par son Born to Die (2012), à la pollution médiatique de starlettes made in francophonie, toutes surcotées (FAUVE, Yelle, Christine & the Queens), à la prise de melon de St. Vincent (annulant tous les concerts possibles dès que la TV américaine l'appelle), à la guéguerre stérile entre Mark Kozelek et The War On Drugs (Booba a grave le seum) et j'en passe. Bref, une année où Coldplay, Zaz et U2 dézinguent est toujours sujette au désastre. 
Et puis, la lumière. Depuis la fin de l'été, paradoxalement. Les grands disques pleuvent enfin, de quoi accorder moins de crédit à la médiocrité ambiante. Si les most awaited releases vont inonder 2015, cette année fait plus que sauver les meubles, au final. Mais il a fallu tendre l'oreille pour écouter ces voix qu'on avait fini par chasser et qui pourtant indiquaient de nouvelles directions à suivre.  

Voilà donc les 20 meilleurs albums parus en 2014 selon moi, sur environ 130 écoutés (intégralement et plus d'une fois), classés par ordre de préférence. Les goûts se discutent donc n'hésitez pas à réagir si vous le souhaitez. 


#20 Beyoncé - Beyoncé  (Columbia)

On commence donc par un disque qui ne date pas de 2014, en toute logique. Sorti à la surprise générale sur iTunes le 13 décembre 2013, il était trop tard pour l'apprécier au calme et avec recul. La très grande qualité du cinquième album de l'hyperstar a surpris, elle-aussi, tant on ne s'attendait pas à la voir écraser avec autant de facilité la concurrence (un peu plus qu'avant, quoi). Truffé de collaborations, Beyoncé séduit pourtant par sa cohérence et une production irréprochables, des titres-hymnes dignes de ses classiques (PartitionDrunk in Love, ***Flawless) et par son rendu scénique (les Carter au Stade de France, c'est énorme ; ceux qui ont tenté de vous consoler à coups de "déception" ou de "surfait" n'avaient qu'à vous revendre leur place). On la dit sur le déclin, attaquée à coups de rumeurs sur sa relation avec Jay-Z ou sur sa vraie-fausse grossesse, vieillissante face aux RihannaTaylor ou Ariana... Mais quelque part dans une salle du Louvre, Queen B rit bien fort, mettant un terme à la plus grande intrigue picturale au monde. Si elle parvient à voler la vedette à Mona Lisa, ce n'est pas un parterre de pop stars en sucre qui risquent de l'inquiéter. Bow down, bitches, qu'elle vous dit. 

A écouter : Mine (ft. Drake), ***Flawless, 7/11)


#19 tUnE-yArDs - Nikki Nack (4AD)

Aperçue pour ma première fois au Primavera Sound Festival en 2011, elle semble, trois ans plus tard, n'avoir jamais quitté la scène, tant son numéro se veut sans fin. Injustement oubliée des bilans annuels, l'Américaine demeure fidèle à elle-même : inventive, déjantée et unique. Nikki Nack reste dans la continuité de ses précédentes oeuvres, entre bric-à-brac tribal et sonorités remuantes. Face à ce déferlement d'idées géniales, Merill Garbus fait valoir une voix inimitable pour remettre un peu d'ordre dans une démarche qui déborde d'énergie. Si certains peuvent trouver ça lourdingue et dolipranien, le disque répond néanmoins à un souci de construction devenu rare, le tout dans une bonne humeur communicative. Résultat : l'auditeur ne se perd jamais mais virevolte entre pistes entêtantes, un titre parfait (Real Thing) et des genres rendu caducs (Manchild). Celle qui a commencé à composer en étant nounou dans le Massachusetts déclarait sur BiRd-BrAiNs (2009) pouvoir donner naissance à des oiseaux. Tout est dit.  



#18 Sébastien Schuller - Heat Wave  (Modulor)

Depuis 2005 et la publication de son chef d'oeuvre Happiness, j'attends le jour où le frenchie de Philly me décevra, histoire de lui écrire une lettre mélancolique et énamourée. Ce n'est pas pour tout de suite. Aux côtés d'artistes tels qu'Arman Méliès ou Syd Matters, Schuller s'illustre en métronome du temps manqué. Cinq ans depuis son précédent opus, c'est long. On aurait d'ailleurs pu s'attendre à plus de virages dans le sentier que représente la carrière de cet originaire des Yvelines, et notamment sur ce Heat Wave. Mais non, l'architecture du monde onirique mis sur pied n'est pas prête de tomber en ruines, tant chaque composition consolide la fiabilité dans l'excellence de Sébastien Schuller. Plus swinguant (Endless Summer et Memory/Les Halles) que ses grands frères, Heat Wave brille par la fluidité de ses morceaux, aux ambiances feutrées mais plus joyeuses qu'antan. Rarement connu un ami (imaginaire) aussi consistant et réconfortant que lui. 

     
                                                                     #17 Grouper - Ruins  (Kranky)

"Nous avons une règle de ne jamais écouter de musique triste. C'est une décision que nous avons prise très tôt. Les chansons sont aussi tristes que celui qui les écoute, mais nous n'écoutons jamais de musique". Cette déclaration désabusée de l'écrivain Jonathan Safran Foer semble taillée pour Ruins. Pensé, élaboré et enregistré à Aljezur, magnifique municipalité du sud du littoral portugais, l'album fait passer le For Emma, Forever Ago de Bon Iver (2008) pour une playlist de Paris Hilton lors d'un DJ set à Coachella. Triste, oui : Liz Harris a composé ces pièces dans un état "de colère politique et émotionnel au bord du gouffre". Simple, aussi : un piano, une voix, une atmosphère. Pas de place pour la fantaisie. Terrassant, surtout : la jeune artiste nous glace le sang, chope sa proie dans un état de paralysie générale, pour mieux le faire fondre. Le résultat est vraiment saisissant de sobriété et de grâce, rappelant par moments les états d'âme de Half Asleep ou la finesse d'une Julie Holter. Il est difficile d'en parler au final, car Ruins s'adresse à chacun d'entre nous mais pas à tout le monde. Problème : on a tous promis de garder le secret et de ne rien révéler. 

A écouter : tout, du début à la fin

#16 How To Dress Well - What Is This Heart? (Domino)

C'est la grosse surprise de l'année. L'histoire d'un outsider, peu avare en mixtapes et projets obscurs. Tom Krell, archétype du bon élève mais dont le comportement ingérable l'empêche de progresser. Ce n'est plus le cas. Produit par Rodaidh McDonald (Vampire Weekend, The xx, Adele), What Is This Heart? propulse son géniteur trois étages au-dessus de la plèbe. Car l'élève a appris de ses erreurs. Pour en faire d'autres, certes, mais surtout pour aller de l'avant. Et s'assumer. Pas question de choisir entre les loops électroïdes ou le R'n'B de babtou fragile, Tom Krell se donne tout entier dans son oeuvre (il chante, et sans trop d'effets), qui épate par sa portée et son engagement : entiers. Si son Total Loss (2012) préfigurait déjà une sensibilité à fleur de peau, WITH? en fait une force centrifuge. On dirait l'autoportrait, sans anicroche ni ellipse, d'un artiste au firmament, qui élève sa prise de position (envers lui-même) en bataille quasi politique. Le résultat n'est pas sans défaut mais la sensation générale à l'écoute tourne chacun vers sa quête de liberté et de sincérité, devenue (trop) rare (dans l'industrie musicale) (partout). Un cas d'école exemplaire. 



(N.B. : à ceux qui se demandent s'il y a une réelle différence entre un #17 et un #18, la réponse est oui. On continue ?)


#15 Kindness - Otherness  (Female Energy)

Si je devais dresser une liste des artistes les plus sous-estimés des années 10's, Kindness serait sans doute aucun le premier d'entre eux. Remarqué pour son charmant et funky World, You Need a Change of Mind (2012), Adam Bainbridge devait mettre tout le monde d'accord avec son sophomore album. C'est raté, visiblement. Entre ceux qui détestent et les autres qui s'en foutent, veillent les adorateurs, dont je fais partie. Otherness éblouit dès la première écoute, regorge de maturité et se démarque de son prédécesseur. Il s'affaiblit un peu par la suite mais n'en demeure pas moins de haute volée. Très composite (Robyn, Devonté Haynes, Kelela, M.anifest y collaborent), le disque souffre par moments d'une vision trop large et de sonorités datées (l'interminable Geneva). Peu d'entre eux peuvent cependant se targuer de réinventer la folk africaine (For the Young), de signer un tube générique (Who Do You Love?) et de caresser la soul comme le fait I'll Be Back. Il y a beaucoup de conscience dans ces compositions et une volonté de surprendre l'auditeur tout en le laissant en terrain connu. Si la voix du Britannique reste discrète, ses talents de producteur et l'énergie scénique parlent pour lui. Il ne faut pas voir de fumée là où le garçon ne fait que couler : l'intuition est la première de ses inspirations. Gageons que lorsqu'il décidera de couper ses cheveux, Pitchfork et consorts (trop occupés à storytell le premier (par)venu) daigneront s'y intéresser autrement que via le trou de la poubelle. 

A écouter : World Restart, Who Do You Love (ft. Robyn), For the Young


#14 Sun Kil Moon - Benji (Caldo Verde)

Voici le moment tant redouté : écrire une palabre sur Sun Kil Moon. Que dire, si ce n'est que Benji aurait dû se retrouver dans le top 5 de ce classement les doigts dans le nez. Sauf que Mark Kozelek a préféré les garder dans le cul, en fait. Ca complique les choses, tout d'un coup, à commencer par son cas. J'aurais pu déclarer avoir écouté cet album une bonne centaine de fois du début à la fin sans interruption pendant des mois. Ou alors que j'ai pleuré dessus (oui, tiens, ça fait bien de dire que la musique peut encore faire pleurer - sauf que c'est vrai). Sinon, je peux aussi raconter cet affreux concert au Divan du Monde à Paris, l'un des pires auquel il m'ait été donné d'assister. La gifle fut brutale, mais elle ne fut pas celle espérée. Ce n'est même pas de la déception, juste un dégoût de voir Kozelek, branleur aviné certifié (Ariel Pink a un nouvel ami), déverser des inepties entre deux morceaux joués sans vie, alors que les textes de Benji sont incroyables. Ses nombreuses sorties à l'encontre de The War On Drugs n'ont pas arrangé les choses. Bref, je ne tiens pas beaucoup à relancer le débat sur l'artiste et son oeuvre en godwinant sur Louis-Ferdinand Céline. Les grands disques n'appartiennent à personne, pas même à leur maître. 

A écouter : tout, sauf Kozelek parler. 


#13 Spoon - They Want My Soul  (Loma Vista)

Qui pouvait encore y croire ? Pas grand monde. Qui pouvait se permettre un tel revirement ? Peu d'entre eux. Spoon, c'est une carrière en dents de scie, avec moult départs précipités de ses membres et des livraisons alternant le meilleur (Gimme Fiction en 2005, Ga Ga Ga Ga Ga deux ans plus tard) et le "putain, pourquoi ?" (Transference, 2010). Mais c'est surtout une carrière entière, qui, en vingt ans, a tout connu, les havres comme les trous d'air, donc prête à ressurgir quand plus personne ne parierait sur elle. Autant ne pas y aller avec le dos de la cuillère (huhu) : They Want My Soul est un magnifique comeback, un pied-de-nez à ceux qui pensaient les Texans finis (moi le premier), et surtout un formidable second souffle. Si l'album est une succession de tubes imparables, c'est aussi le récit d'une histoire qui nous tient en haleine grâce à des paroles révélatrices et une production remarquable (ça n'a pas été toujours le cas par le passé). Impossible de passer à côté de Inside Out, de la folie joviale de Do You, de la patte seventies de Let Me Be Mine. Spoon a la créativité rythmique pour lui, tandis que Britt Daniel et cette voix semblent à jamais faits pour durer. Des chansons, des chansons, et des bonnes, tant qu'à faire : comptez sur eux pour poser les bases d'un groupe culte, qui n'a jamais sonné aussi jeune et novateur. 

A écouter : Inside Out, Do You, Knock Knock Knock.


#12 Chapelier Fou - Deltas (Ici d'Ailleurs)


Le voilà, le meilleur album français de l'année. Chapelier Fou n'en est pas à son premier coup d'éclat. Dès 2007, en première partie de Matt Elliott, l'artiste longiligne surprenait avec ses performances très personnelles et diablement excitantes. Au fur et à mesure, il n'a fait que consolider un univers bien délimité et peaufiner son talent, désormais incontournable. C'est une musique géométrique qu'il nous offre, à teneur électronique minimaliste, mais surtout très intuitive et corporelle. Beaucoup de trouvailles dans ces compositions bricolées, qu'on n'a plus l'habitude d'entendre. Deltas sonne comme une évidence pour le Lorrain, qui rappelle Yann Tiersen (sur Polish Lullaby) autant que Dan Snaith (Tea Tea Tea). Si le résultat peut laisser froid à la première écoute, l'intraveineuse fait son effet dès l'approche suivante. D'une maturité et d'un équilibre raffinés, Louis Warynski n'a pas fini de nous surprendre. 

A écouter : Pluisme, Tea Tea Tea, Carlotta Valdes


#11 Timber Timbre - Hot Dreams (Arts&Crafts)

Appelez-ça un "all in", un va-tout ou un sacré flush. En tout cas, c'est un énorme coup de poker. Parce que c'était loin d'être gagné. On savait déjà que Taylor Kirk ne respirait pas la joie de vivre, du moins sur ses chansons. On sait désormais que le coup de cafard est contagieux. Mais à quel prix ! D'une beauté désarmante, Hot Dreams s'incruste dans les tréfonds de l'âme, tel une vieille blessure impossible à panser. De la première à la dernière portée, le disque suit un fil rouge pour ne jamais le lâcher. Une telle capacité à tenir son concept tient du coup de maître. Grand disque glacial et brûlant à la fois, il incite l'auditeur à se plonger une seconde ou une vie dans ce qu'il a de plus enfoui, de plus lumineux. C'est un album, dans le sens le plus noble qui soit, dont on se délecte du début à la fin, sans interruption, sans saut, si ce n'est celui de l'humeur. Epris d'une obsession cinématographique, Timber Timbre se classe définitivement parmi les grands auteurs des années 2000. On pense beaucoup au Third de Portishead (2008), mais on pense surtout avoir trouvé l'ange gardien qui saura chasser nos démons les plus tenaces. Merveilleux et précieux.  

A écouter : Beat the Drum Slowly, This Low Commotion, Run From Me

( -> le top 10 à suivre très prochainement...)

samedi 6 décembre 2014

Top 2014 Tracks (10 -> 1)


#10 Silver Mt. Zion - Fuck Off Get Free 


#9 Fink - Pilgrim 


#8 Kippi Kaninus - Chargé d'affaires


#7 Daft Punk - Computerized (ft. Jay-Z)


#6 Clark - Snowbird 



#5 Panda Bear - Mr. Noah


#4 Spoon - Do You


#3 Portico - Bright Luck


#2 SOPHIE - Hard


#1 Owen Pallett - Infernal Fantasy



...More to come with albums (soon)...

jeudi 4 décembre 2014

Top 2014 Tracks (20 -> 11)

Ou comment le R'n'B et le rap ont définitivement conquis mon coeur (et mon sens du twerk) en 2014.




#20 Thom Yorke - Interference 

Malgré l'annonce surprise et un modèle de vente alimentant des longread tous plus chiants les uns que les autres, Tomorrow's Modern Boxes est une grosse déception (surtout quand on le compare à The Eraser, 2006). Pourtant, la patte Yorke fonctionne sur Interference, morceau vérécondieux où les accords sont faits de cristal. On y trouve tous les ingrédients qui font du leader de Radiohead un compositeur hors pair : minimalisme électro, voix intouchable, atmosphère onirique.  Espérons cependant que Thom Yorke en ait encore sous la pédale : le dernier album du quintet d'Oxford (actuellement en studio) n'aura pas droit à la sortie de route.



#19 How To Dress Well - Pour Cyril 

Voilà un titre qui ne laisse pas indifférent : pour les uns mièvrerie hipstérique lacrymale, symphonie bouleversante pour les autres, choisissez votre camp. Tom Krell n'est pourtant pas né de la dernière pluie, et sa livraison prouve qu'il n'a cure de l'image ici renvoyée. Epris d'un élan d'évasion, il s'autorise des relents de romantisme eighties et des sons saturés en fin de titre. Il faudra se lever tôt pour mettre un frein à ses belles névroses. Ne comptez pas sur moi pour l'en empêcher. 



#18 Jamie xx - Sleep Sound

Fidèle à lui-même, une nouvelle toune du membre de The xx est toujours un événement en soi. Sans revenir sur les multiples qualités de ce petit génie, notons seulement l'équilibre bringuebalant sur lequel Sleep Sound repose. Pas cinématographique pour un sou, les compos de Jamie Smith, pionnier du label Young Turks, flottent telles des aquarelles : une petite touche par-ci, une autre pour soigner un arrangement, le geste est délicat mais résolument artistique. La production est irréprochable. Ta virée nocturne aux abords du bois dormant a désormais une belle bande son. 



#17 Drake - 6 God

Comme pour rappeler que le jeu ne se fera pas sans lui, le Canadien a lâché trois morceaux il y quelques semaines, à la surprise générale. Autre surprise : ils sont tous les trois énormes. On n'en attendait pas tant de ce Raymond Poulidor du rap, souvent acculé aux memes ou à la position d'outsider (ou comment-masquer-mon-érection-face-au-boule-de-Nicki dans le clip d'Anaconda). 6 God et son beat frénétique en acier annoncent la couleur. Tandis que KanyeKendrick, et Frankie ont déjà annoncé leur retour pour 2015, Drake sera aussi de la partie et ne se contentera pas du banc de touche. Fin du game ?



#16 Caribou - Seconde Chance

Déjà haut (depuis Swim il y a quatre ans), Caribou a atteint une nouvelle dimension en l'an 14. Modeste, perfectionniste et intuitif, Dan Snaith a mis tout le monde d'accord avec Our Love, après de longues années de disette. Succès ô combien mérité. Difficile par ailleurs de sortir un titre du lot, au détriment d'un autre. Mais ce Second Chance, (titre clin d'oeil à la carrière du Canadien ?) suivi de l'imparable Julia Brightly sur le disque et porté par les vocalises de Jessy Lanza, force le respect. 



#15 Flying Lotus - Dead Man's Tetris

Si 95 % des gens choisiraient Never Catch Me Up comme leur titre favori de You're Dead!, je lui préfère largement ce Dead Man's Tetris, bien moins consensuel, bien plus inspiré. Captain Murphy et Snoop Dog aux manettes, steuplé. 
(N.B. : un jour une bonne âme m'apprendra à embed du Soundcloud sur Blogspot. En attendant...)


#14 Pain Noir - Pareidolia (continent nouveau)

Sachez que François-Régis Croisier, fka St. Augustine aka Pain Noir est Auvergnat. Son histoire est belle, ses chansons tout autant. Son premier LP sous le nom de Pain Noir, financé via crowdfunding, est un petit miracle, à l'heure où la scène musicale française n'a jamais paru aussi inintéressante et fadasse. Le folk en triolets distillé sur Pareidolia est hypnotisant et devrait ne plus quitter vos oreilles jusqu'au retour de Syd Matters. L'intégralité de l'album est en écoute ici.


#13 Nicki Minaj - Anaconda

Même pas un guilty pleasure (comme avait pu l'être le Diamonds de Rihanna l'an dernier - oui car faut y aller pour défendre Riri des Barbades...). Nicki sort un album à la fin du mois mais tout le monde s'en fout car Anaconda est déjà l'un des plus gros sommets de sa carrière et de l'année musicale. Un chef d'oeuvre de bitch pop auquel il est impossible de résister (hein Drake ?). Les ersatz de tassepé découvertes cette année peuvent toutes aller se rhabiller (à commencer par Ariana Grande - je bold même pas tellement l'imposture porte bien son nom). 



#12 Damien Rice - It Takes A Lot To Know A Man

On aurait pu s'attendre à un peu plus de bruit médiatique pour célébrer le retour de l'Irlandais après huit ans d'absence. Et puis, on a écouté son album, notamment ce grand titre triste, pour comprendre que Damien Rice ne compte que sur lui-même pour rappeler à quel point il reste incontournable. Le style n'a pas changé, Lisa Hannigan s'en est allée, puis la beauté a pleuré.  



#11 Beyoncé - Flawless (feat. Chimamanda Ngozi Adichie)

Flawless de Beyoncé, à l'instar de ses superhits Crazy In Love et Single Ladies, est peut-être le seul titre de ce top qu'on écoutera encore dans 20 ans. 


mercredi 3 décembre 2014

Top 2014 Tracks (30->21)

Mangez du muesli c'est bon pour la santé. Poursuivons. 


#30 Azealia Banks - JFK

(Très) attendu depuis des années, le premier album d'Azealia Banks tient ses promesses : une mosaïque disparate assez sincère. JFK, sur lequel l'accompagne Theophilus Londonévoque "une certaine pop star qui aime voler mes idées et se les approprie", selon la princesse rap. Sa tendance à dézinguer tout ce qui brille étant connue et raillée (Eminem, Disclosure, Gaga), on devrait tout se sentir visés par le missile ici lancé. 


#29 Deejay Deer - Natural

Difficile de savoir qui se cache derrière l'énigmatique Deejay Deer, signé sur l'excellent label Numbers. Plus aisé en revanche de se laisser happer par cette imparable et classy house. Samples, beats, boucles : la recette est connue mais fonctionne à plein pot.


#28 Todd Terje - Johnny & Mary

It's Album Time, premier album du Norvégien, s'apparente à une compilation disco poussive et médiocre (à mille lieues de ses remixes électro du turfu). Mais cette balade, reprise de Robert Palmer, est une petite merveille romantico-seventies, portée par la voix suave de Bryan Ferry. It was about time


#27 The Antlers - Doppelgänger 

Enième groupe indie made in Brooklyn, The Antlers a sa valeur ajoutée : une propension à créer des titres profonds, lumineux, qui rappellent tout et ne ressemblent à personne. Sur sept minutes, le rythme lancinant et la vocale de Peter Silberman font mouche. 


#26 My Brightest Diamond - I Am Not The Bad Guy

Inconnue de moi jusqu'à cette année, Shara Worden livre un quatrième album très réussi, à l'image de cette pépite, tendre et inquiétante, aux guitares et au flow impeccables. Le geste est limpide et My Brightest Diamond signe une démonstration de classe et de modestie dont pourrait s'inspirer St. Vincent. 


#25 Metronomy - Monstrous

Que dire de neuf sur Metromomy ? Pas grand chose. Le quatuor, constant dans l'excellence, se renouvelle une fois de plus sur Love Letters, voué à durer. Difficile donc d'en tirer un titre meilleur qu'un autre, mais ce Monstrous et ses accords en mineur, témoignent d'une inflexible efficacité dans la recherche de la pop song parfaite. 


#24 Timber Timbre - Beat The Drum Slowly

C'est Beat The Drum Slowly mais ça aurait tout aussi bien pu être Curtains!? ou This Low Commotion. Hot Dreams, disque immense, regorge de perles sans les enfiler. Les Timber Timbre sont peut-être les tout derniers défenseurs de l'album en tant que concept cohésif et destructeur. 


#23 Baxter Dury - Whispered

Le dandy anglais est mon petit chaton de l'année. Suivant les traces de Happy Soup, It's A Pleasure esquisse avec délicatesse les contours d'une pop toujours plus tendre et cotonneuse. Whispered vient casser le gimmick avec une rythmique dynamique, rock et discoïde à la fois. Les années 1970 ont encore de beaux jours devant elles. Anarockisme !


#22 Kishi Bashi - Carry On Phenomenon 

Véritable révélation de l'année, l'Américain Kaoru Ishibashi, membre fondateur de Jupiter One, armé d'un violon indomptable et d'une énergie assez folle, assume sa gémellité artistique avec Owen Pallett. Carry On Phenomenon est une merveille de pop pressée, naïve et dansante. Le mec a 39 ans mais en paraît 18. Foudroyant. 


#21 Wild Beasts - Wanderlust

En ouverture de Present Tense, dernier album de la bande britannique, Wanderlust fait l'effet d'une bombe. Choeurs échoïques + voix élégiaque + nappes synthétiques = meilleur titre indie pop de 2014. 


mardi 2 décembre 2014

Top 2014 Tracks (40 -> 31)

Suite du classement des pépites de l'année.



#40 Get Well Soon - Careless Whisper



#39 Hookworms - On Leaving 



#38 Run the Jewels - Blockbuster Night Part. 1



#37 Kindness - Who Do You Love? (ft. Robyn)


#36 The War On Drugs - An Ocean In Between The Waves



#35 Mermonte - Cécile Arendarski (live)



#34 Sinkane - Hold Tight



#33 St. Vincent - Huey Newton



#32 Angel Olsen - White Fire



#31 Sébastien Schuller - Endless Summer



lundi 1 décembre 2014

Top 2014 Tracks (50 -> 41)


Décembre : l'heure est venue de faire les comptes. Si, qualitativement, l'année musicale ne restera pas dans les annales, la profusion d'albums et notamment les rééditions de classiques ressemblent toujours plus à un enfant mal élevé. Certains y voient une chance pour tout un chacun de percer, d'autres constatent qu'à ce petit jeu, ce sont toujours les mastodontes qui s'en tirent le mieux (sur Billboard pour Taylor Swift, iTunes pour Beyoncé et BitTorrent pour Thom Yorke). Du côté des chansons, la règle reste invariable : rien de plus simple que de partager son titre sur les internets interstellaires, rien de plus ardu d'en créer un qui échappera au trou noir mémoriel d'ici quelques mois. En voici cinquante qui tirent leur épingle du jeu. Un titre par album (sauf pour les cinq meilleurs de l'année, volontairement dissimulés - c'est pas encore Noël).


#50 Douglas Whelm - Swim 


#49 Mothxr - Easy


#48 Lana del Rey - West Coast


#47  SBTRKT - New Dorp. New York (ft. Ezra Koenig)


#46 Son Lux - No Fate Awaits Me


#45 Frànçois & Atlas Mountains - Bois


#44 Kendrick Lamar - i


#43 Future Islands - Seasons 


#42 Bombay Bicycle Club - Feel


#41 tUnE-yArDs - Water Fountain